Mis à jour le 26/01/2026
Quelle empreinte carbone pour les examens de biologie ?
Deux études, menées respectivement par les équipes du laboratoire de l’hôpital Cochin – Port-Royal AP-HP et du laboratoire de l’hôpital Henri-Mondor AP-HP, permettent de mieux chiffrer l’empreinte carbone des examens de biologie. Un travail précurseur sur le sujet, qui permettra la mise en œuvre d’actions pour la décarbonation de l’AP-HP.
D’après les Bilans Carbone® réalisés par l’AP-HP tous les ans, les consommables de laboratoire représentent le second poste d’émissions de gaz à effet de serre, juste après les médicaments. Or, peu d’études se sont intéressées à l’empreinte carbone d’un laboratoire de biologie hospitalière ou à celle des examens de biologie médicale.
L'empreinte carbone des chaînes analytiques de la plateforme de biochimie
Les équipes du laboratoire de l’hôpital Cochin – Port-Royal AP-HP ont cherché à calculer l'empreinte carbone des chaînes analytiques COBAS, qui permettent l’automatisation de la réalisation des examens de biochimie. Pour cela, elles ont donc additionné :
l’ensemble des consommations annuelles de consommables, réactifs et matériels du laboratoire ;
la consommation d’énergie des automates ;
le volume de prestations de maintenance et réparation des équipements ;
les volumes de déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI).
Ces données ont ensuite été associées à des facteurs d’émissions pour les transformer en émissions de CO2e. Résultat : les chaînes analytiques de la plateforme de biochimie de l’hôpital Cochin – Port-Royal ont émis en 2023 environ 2000 tCO2e, ce qui, rapporté au nombre de tests effectués, équivaut à environ 500 gCO2e/test.
Soit, l’équivalent, au total, de la consommation de plus de 71 tonnes de bœuf ou encore de près de 5 000 allers-retours Lille-Nîmes en voiture.
Par test, cela équivaut à parcourir plus de 50 km en RER !
L'empreinte carbone de l’hémogramme et du dosage du tacrolimus
Les équipes du laboratoire de l’hôpital Henri-Mondor AP-HP se sont concentrées sur deux tests bien spécifiques : l’hémogramme – l’un des examens biologiques les plus largement prescrits - et le dosage du tacrolimus – un test de pharmacologie utilisé dans la prévention du rejet de greffe.
Elles ont calculé les quantités de matériels, énergie, déchets, etc. utilisés pour réaliser l’un de ces tests, de sorte à caractériser précisément l’empreinte carbone de ces examens, selon une approche d'analyse de cycle de vie mono-indicateur.
Résultats :
724 gCO2e pour l’hémogramme
3,9 kgCO2e pour le dosage du tacrolimus via une technique immunologique
2,2 kgCO2e pour le tacrolimus via la spectrophotométrie de masse.
Une première étape pour diminuer l’empreinte carbone de la biologie
Ces résultats permettent de prendre conscience de l’empreinte carbone significative des examens de biologie médicale et sont à l’origine d’une réflexion sur différents scénarios permettant de la réduire, en se concentrant prioritairement sur les principaux postes émetteurs identifiés : matériel de prélèvement, transport, contrôles de qualité, déchets.
D’autres travaux sont en cours à l’AP-HP pour chiffrer l’empreinte carbone d’autres examens, notamment avec les laboratoires des hôpitaux Saint-Antoine et Pitié-Salpêtrière. Ces données mettent en lumière l’impact des prescriptions d’examens. Elles sont essentielles dans la promotion de la juste prescription et dans la mise en œuvre d’actions de décarbonation.