Mis à jour le 02/03/2026
Bionettoyage sans chimie : l’hôpital Marin d'Hendaye AP-HP franchit un cap
Parmi les premiers établissements de l’AP-HP à déployer à l’échelle complète d’un site un process de bionettoyage des sols sans recours aux produits chimiques, l’hôpital Marin d'Hendaye AP-HP engage une transformation concrète de ses pratiques. Objectif : réduire l’exposition aux risques chimiques, améliorer la qualité de vie au travail et renforcer la sécurité des patients, en cohérence avec les recommandations nationales.
Un choix structurant, aligné avec les recommandations nationales
À l’hôpital Marin d'Hendaye, le bandeau microfibre Infinite 3D Décitex a été déployé pour l’entretien des locaux en établissements de santé et médico-sociaux.
Ce dispositif en microfibre réutilisable a été généralisé à l'ensemble de l’établissement (l’ensemble des services de soins, la crèche hospitalière, la restauration, les locaux administratifs), devenant ainsi l’un des premiers sites de l’Assistance Publique - Hôpitaux de Paris à généraliser ce process.
Le principe est simple : privilégier l’action mécanique de la microfibre et supprimer l’usage de produits chimiques pour l’entretien courant des sols.
Réduire l’exposition aux risques chimiques
L’exposition aux produits chimiques représente la deuxième cause de maladies professionnelles en France. En supprimant leur utilisation pour l’entretien courant, nous réduisons directement ce facteur de risque pour les équipes.
Au-delà de la prévention des maladies professionnelles, cette évolution permet également :
de limiter les rejets dans les effluents hospitaliers ;
de réduire la remise en suspension de composés volatils dans l’air intérieur ;
d’inscrire nos pratiques dans une démarche environnementale cohérente.
Un impact concret sur la qualité de vie au travail
Le bandeau Infinite 3D nécessite une très faible imprégnation en eau. Cette caractéristique a plusieurs effets immédiats :
des bandeaux plus légers ;
des chariots et sacs moins lourds ;
une réduction des contraintes physiques pour les agents du service et de la blanchisserie ;
une contribution à la prévention des troubles musculosquelettiques.
Les sols, très peu humidifiés, sèchent rapidement. Le bénéfice est double : efficacité opérationnelle et diminution du risque de chutes pour les patients comme pour les professionnels.
Par ailleurs, le positionnement du pad permet l’utilisation d’un seul balai, simplifiant le geste métier et rationalisant le matériel.
La vapeur, pilier complémentaire de la stratégie
La réflexion sur la réduction du risque chimique ne s’est pas limitée à la microfibre. À l’occasion d’un colloque de prévention du risque chimique en milieu de soins organisé par la CRAMIF à l’Hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, Ariane Muller, infirmière hygiéniste de l’établissement et Jessica Giraud, agent de service hospitalier qualifié et référente CLIN, ont participé à des échanges approfondis autour de la réduction de l’exposition aux risques chimiques dans le bionettoyage et particulièrement instructifs sur l’utilisation de la vapeur en milieu de soins.
À l'hôpital Marin d'Hendaye, cette stratégie repose sur des moyens concrets :
une machine vapeur par bâtiment, soit 15 au total ;
12 autolaveuses ;
une machine vapeur sans chariot.
Utilisées à fréquence définie et régulière, ces machines ont notamment permis de retirer le biofilm présent au sol, consolidant l’efficacité globale du process.
Une adhésion construite sur le terrain
L’adhésion des équipes a été un facteur clé de réussite.
Un test concluant a été mené dès 2023 sur deux bâtiments. Les professionnels avaient été formés en amont et se sont montrés motivés. Les ASH ont joué un rôle central : ce sont eux qui ont formé, de nuit, les aides-soignants. Cette reconnaissance de leur expertise a été particulièrement valorisante.
La présence d’Ariane Muller sur le terrain, en tant qu’infirmière hygiéniste faisant fonction cadre du bionettoyage, a permis d’apporter l’explication scientifique nécessaire à la compréhension et à l’appropriation du dispositif.