Les bébés atteints d’une hernie diaphragmatique congénitale (HDC) naissent avec une ouverture dans le diaphragme, ce qui empêche leurs poumons de se développer correctement. Un traitement existe déjà. Il consiste à placer puis à retirer un petit ballonnet dans la trachée du bébé avant la naissance, nécessitant ainsi deux interventions. Un consortium de chercheurs belges et français a mené une étude coordonnée par les Prs Alexandra Benachi et Jan Deprest, promue par l’AP-HP et l’hôpital universitaire de Louvain, sur un nouveau type de ballonnet, appelé Smart-TO. Ce dispositif permet d’éviter une intervention supplémentaire grâce à une valve magnétique. Celle-ci peut être ouverte grâce au champ magnétique d’une machine d’IRM, permettant de dégonfler le ballon. Les résultats de cette étude ont été publiés le 23 juin 2026 dans le Lancet.
La hernie diaphragmatique congénitale (HDC) empêche le bon développement des poumons (hypoplasie pulmonaire) et entraîne, à la naissance, une insuffisance respiratoire sévère et une hypertension pulmonaire potentiellement fatales. Malgré les progrès de la prise en charge, la mortalité reste élevée dans les formes les plus sévères.
En 2021, il a été démontré que le traitement FETO (thérapie fœtale) augmentait la survie des patients porteurs de formes sévères de HDC. Néanmoins, une seconde intervention est nécessaire pour retirer ce ballon avant la naissance, ce qui expose la mère et son enfant à des risques supplémentaires.
Des essais ont été menés en France et en Belgique sur 48 femmes enceintes portant un fœtus atteint de HDC. Parmi elles, 47 ont bénéficié d’une procédure FETO. Le ballon Smart-TO, développé par le Pr Nicolas Sananès de l’hôpital américain de Paris et la société BSM-TI, a pu être correctement positionné chez 46 patientes. Le ballon a été inséré entre 27 et 31 semaines d’aménorrhée. Le ballonnet a été dégonflé autour de 34 semaines d’aménorrhée par exposition au champ magnétique d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM).
Pour toutes les femmes, le ballon a été dégonflé sans complication grave et retrouvé en dehors des voies respiratoires chez tous les bébés, confirmant la libération de leurs voies aériennes. En moyenne, les bébés sont nés à 37 semaines.
Ces résultats suggèrent que la suppression de la seconde intervention pourrait réduire les risques de prématurité, qui surviennent actuellement dans jusqu’à 75 % des cas après un FETO classique, et simplifier considérablement la prise en charge pour les familles et les équipes médicales. En éliminant la nécessité d’une procédure invasive supplémentaire, la technologie Smart-TO pourrait représenter une avancée majeure en chirurgie fœtale.
Le FETO est aujourd’hui un traitement de référence pour les formes sévères de HDC. Cette nouvelle génération de dispositif pourrait rendre cette stratégie thérapeutique plus sûre, plus simple et plus accessible, tout en améliorant potentiellement les résultats à long terme. Des études complémentaires, incluant un plus grand nombre de patients, seront toutefois nécessaires pour confirmer ces premiers résultats prometteurs.
Cette étude a été coordonnée par les Prs Jan Deprest, de l’hôpital universitaire de Louvain et Alexandra Benachi, du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Antoine-Béclère AP-HP, en lien avec l’unité de recherche clinique de Paris Centre du Pr Jean-Marc Treluyer.
Références : Francesca M Russo, Nicolas Sananès, Alexandra Letourneau, Roland Devlieger, Charles Mégier, Liesbeth Lewi, Huynh Thi Ngoc Van, Michael Aertsen, Grégoire Dumery, Jan Deprest, Alexandra Benachi - Lancet
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