Mis à jour le 11/02/2026

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Suivi des maladies chroniques : un patient sur deux serait ouvert à la téléconsultation

Les équipes de médecine interne de l’hôpital européen Georges-Pompidou AP-HP, du centre d’épidémiologie clinique de l’hôpital Hôtel-Dieu AP-HP, de l’Université Paris Cité, de l’université Sorbonne Paris-Nord, de l’Inserm, et INRAE (CRESS), en collaboration avec la cohorte ComPaRe et sous la coordination de la Dre Tiphaine Lenfant et du Pr Viet-Thi Tran, ont évalué l’accès, l’utilisation et les préférences du soin à distance dans le suivi des maladies chroniques. Les résultats montrent qu’une part importante de patients se déclare prête à recourir au soin à distance pour une partie de leur prise en charge. L’étude REACTIVE a fait l’objet d’une publication parue le 10 février 2026 dans la revue JAMA Network Open

L’augmentation de la prévalence des maladies chroniques et le manque de professionnels de santé pèsent sur le système de santé. Dans ce contexte, le développement et l’optimisation du soin à distance pourraient contribuer à améliorer la continuité du suivi des patients et à gagner ainsi du temps pour les professionnels de santé, sur les consultations en présentiel.

L’étude REACTIVE, promue par l’AP-HP, visait à explorer les nouvelles modalités d’interaction entre les patients et leurs médecins, qu’il s’agisse de consultations par vidéo, par téléphone ou d’échanges via des messageries électroniques. Réalisée auprès de 2 000 adultes vivant en France et atteints d’au moins une maladie chronique, l’enquête a révélé que 47 % des patients ne disposent actuellement d’aucune possibilité de soin à distance avec leur médecin habituel.

Les préférences des patients varient fortement selon la situation clinique. Le présentiel reste privilégié en cas de symptômes nouveaux ou d’aggravation de l’état de santé. En revanche, un patient sur deux se dit prêt à consulter à distance un autre médecin que le sien lorsque les délais pour obtenir un rendez-vous avec son médecin habituel sont trop longs, notamment pour un renouvellement d’ordonnance ou l’analyse de résultats d’examens. Ces résultats mettent en évidence la nécessité pour les patients de devoir choisir fréquemment entre la continuité des soins et la rapidité d’accès à un professionnel de santé.

L’étude souligne également que le soin à distance demeure insuffisamment proposé et intégré dans l’organisation actuelle des soins. Les auteurs de l’étude plaident ainsi pour le développement de modèles de prise en charge « hybrides », associant consultations en présentiel et à distance, et adaptés aux besoins cliniques, aux préférences des patients et à leur niveau de maîtrise des outils numériques.

Enfin, ces travaux apportent des éléments utiles à la réflexion sur les politiques publiques d’organisation du suivi des maladies chroniques. Ils soulignent la nécessité de concevoir de nouvelles plateformes, en adéquation avec les organisations de soins existantes et les modes de vie des patients. Cette démarche est actuellement en phase de prototypage dans le cadre du projet @Hôtel-Dieu, soutenu par l’État dans le cadre de la stratégie d’accélération de la santé numérique de France 2030.

Références : Tiphaine LENFANT, Elodie PERRODEAU, Philippe RAVAUD, Viet-Thi TRAN – JAMA Network Open

À propos de l’AP-HP : Premier centre hospitalier universitaire (CHU) d’Europe, l’AP-HP est au premier rang de la recherche clinique en France. Ses 38 hôpitaux sont organisés en six groupes hospitalo-universitaires (AP-HP. Centre - Université Paris Cité ; AP-HP. Nord - Université Paris Cité ; AP-HP. Sorbonne Université ; AP-HP. Université Paris-Saclay ; AP-HP. Hôpitaux universitaires Henri-Mondor et AP-HP. Hôpitaux universitaires Paris Seine-Saint-Denis) conventionnés avec sept universités franciliennes. Étroitement liée aux grands organismes de recherche, l’AP-HP est forte de 25 fédérations hospitalo-universitaires (FHU), 8 instituts hospitalo-universitaires (IHU) d’envergure mondiale (ICM, ICAN, IMAGINE, FOReSIGHT, IHU SEPSIS, Institut du Cerveau de l’Enfant, reConnect, Institut de la Leucémie Paris Saint-Louis), 4 sites de recherche intégrée en cancérologie (SIRIC) dont 1 pédiatrique, ainsi que du plus grand entrepôt de données de santé (EDS) en France. Acteur majeur de la recherche appliquée et de l’innovation en santé, l’AP-HP détient un portefeuille de 920 brevets actifs, ses cliniciens chercheurs signent chaque année près de 11 000 publications scientifiques, plus de 2 500 études promues par l’AP-HP sont en cours. En 2020, l’AP-HP a obtenu le label Institut Carnot, qui reconnaît la qualité de sa recherche partenariale : le Carnot@AP-HP propose aux acteurs industriels des solutions en recherche appliquée et clinique dans le domaine de la santé. En outre, la Fondation de l’AP-HP agit aux côtés des patients, des soignants et des chercheurs pour la médecine du futur, l’humain au cœur de l’hôpital et la santé de tous. www.aphp.fr