Deuxième maladie neurodégénérative la plus fréquente en France, la maladie de Parkinson touche plus de 270 000 personnes. Les troubles du sommeil sont fréquents chez ces patients. Le plus répandu est l’insomnie. Il reste pourtant peu étudié. Le projet Sompark, promu par l’AP-HP et coordonné par la Pre Isabelle Arnulf et la Dre Pauline Dodet de l’hôpital Pitié Salpêtrière AP-HP, a pour objectif d’étudier le sommeil de patients atteints de la maladie de Parkinson et de patients ayant un trouble du comportement en sommeil paradoxal isolé. Six centres hospitaliers universitaires français participent à ce projet, financé par l’Association France Parkinson.
Une étude pour mieux comprendre les troubles du sommeil dans la maladie de Parkinson
Le rôle des problèmes moteurs, de la tendance à être trop éveillé et des troubles de l’horloge interne dans l'insomnie de la maladie de Parkinson, ainsi que leur impact sur le sommeil du conjoint ont été peu étudiés. Le projet Sompark permettra de caractériser ces aspects chez 550 patients qui seront inclus dans cette étude : 300 atteints de la maladie Parkinson souffrant d'insomnie et/ou de trouble comportemental en sommeil paradoxal, 200 avec trouble comportemental en sommeil paradoxal isolé* (un trouble précurseur de la maladie et de Parkinson) et 50 témoins sains.
Le suivi comprendra des entretiens avec des neurologues du sommeil, des questionnaires, des mesures biologiques et d’enregistrement du sommeil et de la vigilance sur 36 heures.
L’étude, financée par l’Association France Parkinson à hauteur de 500 000 euros, a été lancée en février 2026 dans six centres participants : l’hôpital Pitié-Salpêtrière AP-HP, les Hospices Civils de Lyon et les CHU de Nantes, Lille, Nîmes et Clermont-Ferrand.
L’axe intestin-cerveau, une piste prometteuse
Ce projet a également pour objectif d’explorer l’influence de l’axe intestin-cerveau sur les troubles du sommeil dans la maladie de Parkinson. Il s’appuie sur l’étude IBIM-Park, menée au CHU de Nantes et coordonnée par la Pre Laurène Leclair-Visonneau, qui s’intéressait au rôle de l’inflammation, des modifications de barrière épithéliale intestinale et du microbiote intestinal dans la maladie de Parkinson. Les résultats de l’étude IBIM-Park ont montré qu’il existait une inflammation digestive au cours de la maladie de Parkinson et avant même l’apparition des signes moteurs, au cours du trouble du comportement en sommeil paradoxal isolé.
L’étude Sompark va permettre d’explorer de manière peu invasive, via des analyses de sang, les paramètres d’inflammation intestinale, la composition du microbiote intestinal, la perméabilité digestive, et les paramètres inflammatoires systémiques. L’objectif de ce projet est de déterminer si des marqueurs biologiques digestifs et systémiques permettent de prédire l’évolution du trouble du comportement en sommeil paradoxal isolé vers une maladie de Parkinson. Des analyses comparatives de ces marqueurs entre les patients ayant évolué vers une maladie neurodégénérative et les patients présentant toujours une forme isolée de trouble du comportement en sommeil paradoxal seront réalisées à 2, 5 et 10 ans de suivi.
* Le trouble du comportement en sommeil paradoxal est un trouble du sommeil caractérisé par des mouvements violents et des cris pendant la phase de sommeil paradoxal. Ce trouble peut exister en l’absence de toute pathologie neurodégénérative apparente, nommé alors TCSP isolé. Le risque du TCSP isolé est l’évolution vers maladie de Parkinson ou maladie apparentée au fil du temps.