Préservation de la fertilité chez l’enfant

Mis à jour le 03/06/2026

Les adolescents pubères pourront accéder aux traitements de préservation de la fertilité proposés aux adultes. En revanche, les enfants pré-pubères, qui ne produisent encore ni ovocytes matures, ni spermatozoïdes, bénéficieront de prises en charge spécifiques.

Ces traitements ne sont proposés qu’avec l’accord des parents et, dans la mesure du possible, de l’enfant ou l’adolescent, comme le demande la Loi de bioéthique. Ils ont pour objectif de prélever du « tissu gonadique » (tissu ovarien ou testiculaire), capable de produire des gamètes – ovocytes ou spermatozoïdes. Ce tissu pourra ensuite, soit donner lieu à la reconstitution de gamètes en laboratoire, soit être greffé à l’âge adulte pour réinstaurer les fonctions de reproduction naturelle.

 

Pour les filles : prélèvement et conservation de tissu ovarien

La congélation de tissu ovarien est la seule technique de préservation de la fertilité envisageable chez les filles avant leur puberté. Il s’agit d’une technique expérimentale dont l’objectif est de cryoconserver (congeler) du tissu ovarien contenant les follicules de réserve. Comme la maturation ovocytaire in vitro - MIV, à laquelle elle peut être associée, elle est réalisable en urgence.

Concrètement, avant de débuter le traitement de la maladie - par exemple la chimiothérapie - on fait un prélèvement chirurgical d’un fragment de tissu ovarien, par cœlioscopie sous anesthésie générale. Les fragments de cortex ovarien (partie périphérique de l’ovaire contenant les follicules) sont congelés selon un processus de congélation lente. Les follicules primordiaux et primaires, très résistants au processus de décongélation, pourront être transplantés ultérieurement par autogreffe, soit au niveau du pelvis, soit dans d’autres zones du corps (avant-bras, paroi abdominale).

La greffe de tissu ovarien permet une reprise à la fois de la production hormonale et de la production d’ovules. Cette technique a déjà permis d’obtenir des grossesses après auto-greffe du tissu conservé.

 

Pour les garçons : prélèvement et conservation de tissu testiculaire

Il est difficile de savoir à quel âge exactement un garçon commence à produire des spermatozoïdes. Trois situations sont possibles :

  • le recueil du sperme est possible par éjaculation après masturbation, dans ce cas on congèle les spermatozoïdes de la même façon que chez les adultes ;
  • la production de sperme par masturbation n’est pas possible, on propose une technique de recueil du sperme sous anesthésie (stimulation de l’éjaculation) ;
  • le garçon n’est pas pubère et ne produit pas encore de spermatozoïdes : on peut envisager une biopsie des testicules permettant de conserver des cellules jeunes, qui seront greffées plus tard afin de démarrer le processus de production de spermatozoïdes. Dans le futur, on espère pouvoir produire des spermatozoïdes en laboratoire à partir des cellules plus jeunes recueillies, sans que le patient ait besoin de subir une greffe.

Les tissus ou spermatozoïdes recueillis sont « cryoconservés », c’est-à-dire conservés par congélation jusqu’au moment où ils pourront être utilisés.

 

À savoir

Tout prélèvement destiné à une cryoconservation nécessite obligatoirement le consentement des parents, et si possible celui de l’enfant. Le biologiste vous précise exactement ce qui a pu être conservé. Vous êtes contacté chaque année pour savoir si vous souhaitez poursuivre la procédure de conservation. La réutilisation des gamètes ou des embryons ne peut se faire qu’après accord de grossesse par le médecin oncologue.

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