Mis à jour le 22/06/2026
Un livre mémoriel pour rendre hommage aux professionnels de l’AP-HP morts pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale
Le service des archives de l’AP-HP a mené pendant trois ans des recherches minutieuses pour reconstituer les biographies de 223 agents de l’AP-HP morts pendant la Seconde Guerre mondiale. Le résultat de cette enquête est publié dans un livre-mémoriel. Une démarche qui s’inscrit dans un travail historique global sur la manière dont l’AP-HP a vécu le conflit. Hélène Servant, cheffe du département des patrimoines culturels à l’AP-HP, revient sur ce travail de mémoire.
Comment est née l’idée de ce livre mémoriel ?
Hélène Servant : Le déclencheur a été la commémoration, à la fin de l’année 2023, du 80e anniversaire de la mort de Corentin Celton, fusillé au Mont Valérien en 1943. Nous avons créé une exposition sur ce sujet, qui a reçu le label de la Mission de l’État pour le 80e anniversaire de la Libération et de la fin de la guerre.
Nous avons approfondi nos recherches sur cette période pour concevoir d’autres projets : une lecture d’archives et un abécédaire décliné sur les réseaux sociaux (2024), et l’exposition « L’Assistance publique pendant la Seconde Guerre Mondiale» (2025). Notre objectif était de consolider une mémoire institutionnelle assise sur des faits, de la recherche, des fondements historiques.
L’idée est alors apparue d’un projet qui rendrait hommage aux « morts pour la France » de l’AP-HP en leur offrant un « mémorial de papier » prolongeant les monuments aux morts érigés au siège de l’AP-HP comme dans ses hôpitaux.
Comment avez-vous procédé ?
H.S. : Nous avons effectué de nombreuses recherches pour finaliser une liste de noms de professionnels tués à l’ennemi, morts en captivité ou en déportation, fusillés, morts comme réfractaires au Service du travail obligatoire (STO), morts dans la Résistance ou victimes civiles. Nous sommes partis de 327 noms figurant sur les plaques apposées dans de nombreux hôpitaux de l’AP-HP. Nous avons dû en écarter une partie qui n’appartenait pas à l’AP-HP.
Pour établir les biographies des 223 professionnels restants, nous nous sommes appuyés sur les archives de l’AP-HP : dossiers de carrière et de pension, arrêtés collectifs. Pour les civils, nous avons sollicités le service historique de la Défense, à Caen et au château de Vincennes, pour recueillir des éléments pertinents. Le Mémorial de la Shoah nous a transmis des photos. L’Ordre de la Libération a fourni des documents pour les médaillés de la Résistance. Enfin, la Préfecture de Paris a également mis à disposition des données lorsqu’elles existaient.
Y aura-t-il une suite à ce projet ?
H.S. : Il nous reste 79 noms pour lesquels nous ne sommes pas parvenus à trouver des éléments. Si vous pensez être un parent d’un professionnel de l’AP-HP mort pendant la Seconde Guerre Mondiale, n’hésitez pas à revenir vers nous.