Mis à jour le 04/11/2026

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Urgences en gériatrie : partager les pratiques, renforcer les compétences

La quatrième journée annuelle des équipes de gériatrie de l’AP-HP s’est tenue le lundi 12 octobre 2026, à l’auditorium de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP). Consacrée aux urgences en gériatrie, elle a réuni près de 130 participants issus des équipes de gériatrie et des urgences, ainsi que des représentants de l’agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France et de la Ville de Paris.

Dr Louise Reinhart et Dr Laurence Arrouy, hôpital Ambroise-Paré
© Dr Louise Reinhart et Dr Laurence Arrouy, hôpital Ambroise-Paré

Au programme de la journée : améliorer la prise en charge des patients âgés aux urgences, mieux gérer les situations d’urgence en gériatrie et renforcer les collaborations entre professionnels.

 

Comment améliorer la prise en charge des personnes âgées aux urgences et anticiper les situations d’urgence en gériatrie ? 

C’est autour de cette double problématique que médecins et soignants se sont retrouvés le 12 octobre, à l’occasion de la journée annuelle des équipes de gériatrie de l’AP-HP. 

La matinée était consacrée à la prise en charge du patient âgé aux urgences, tandis que l’après-midi portait sur la gestion des urgences en gériatrie. Cas cliniques, présentations de démarches de terrain et échanges entre professionnels ont rythmé cette journée, avec une place importante accordée à l’interactivité.

L’objectif : partager les expériences, diffuser les bonnes pratiques et renforcer les liens entre deux spécialités complémentaires, au service d’un même patient.

 

Construire une culture commune entre urgentistes et gériatres

Temps fort de la matinée, le dialogue entre le Dr Laurence Arrouy, urgentiste, et le Dr Louise Reinhard, gériatre, toutes deux impliquées dans le fonctionnement de l’unité d’hospitalisation de courte durée (UHCD) de l’hôpital Ambroise-Paré, a mis en lumière les enjeux de la collaboration entre les deux disciplines.

Si urgentistes et gériatres partagent le même objectif de qualité et de sécurité des soins, leurs pratiques s’inscrivent dans des temporalités différentes. Aux urgences, il faut évaluer rapidement la situation, hiérarchiser les priorités et décider des premières orientations. L’approche gériatrique permet, quant à elle, d’intégrer plus largement la fragilité, l’autonomie, les pathologies associées et les besoins propres à chaque personne âgée.

Les échanges ont ainsi souligné la nécessité de faire venir l’expertise gériatrique aux urgences, tout en familiarisant les gériatres avec la temporalité et les contraintes de la médecine d’urgence. Cette connaissance réciproque doit permettre de mieux partager les évaluations, de faciliter les décisions et de fluidifier les parcours.

La journée a également été l’occasion de lancer le recueil de bonnes pratiques pour la prise en charge des patients âgés aux urgences. Des cartes avec QR code ont été distribuées aux participants permettent d’accéder rapidement aux documents et de faciliter leur appropriation par les équipes.

 

La simulation pour mieux préparer les équipes aux urgences en gériatrie

Comment se préparer à gérer une situation d’urgence avant d’y être confronté en conditions réelles ? 

La simulation constitue un levier de formation pour les professionnels de gériatrie. Une session filmée à l’hôpital Ambroise-Paré le 22 septembre, consacrée à la prise en charge d’une situation aiguë telle qu’une crise d’épilepsie, a ainsi été retransmise pendant la journée.

À l’issue de la vidéo, les participants à la simulation ont partagé leur expérience et les enseignements tirés de cet exercice. Ils ont notamment souligné le sentiment d’être mieux préparés à gérer ce type de situation et de pouvoir identifier les points à améliorer avant une prise en charge réelle. « Je sais ce que je dois améliorer pour mieux faire en situation réelle », témoigne l’un des participants.

La simulation apparaît ainsi comme un moyen de renforcer les compétences techniques, mais aussi de travailler les réflexes collectifs, la répartition des rôles et la communication au sein de l’équipe. Les professionnels ont également proposé d’encourager la participation des nouveaux arrivants, afin de faciliter leur intégration et de les préparer aux situations d’urgence qu’ils pourront rencontrer.

Le Dr Alexandra Monti, de l’hôpital Charles-Foix, et le Dr Pierre-Louis Michon, de l’hôpital Ambroise-Paré, ont présenté les démarches engagées sur leurs sites respectifs et encouragé les autres équipes à développer ce type de formation. La Pr Marie Laurent, de l’hôpital Albert-Chenevier, a également témoigné de l’intérêt de la simulation et de l’importance de la déployer davantage en gériatrie.

Au-delà de l’apprentissage des gestes, la simulation permet de renforcer la confiance des professionnels, d’identifier les axes de progression et de consolider la coordination des équipes.

 

Des décisions éthiques au cœur de la prise en charge

Autre temps fort de la journée : une table ronde interactive consacrée aux enjeux éthiques entourant la fin de vie, les arrêts de traitements et les directives anticipées. À partir de cas cliniques, les participants ont été invités à confronter leurs points de vue et à réfléchir aux décisions à prendre dans des situations complexes.

Ces échanges ont rappelé l’importance de concilier la réponse à l’urgence, l’état clinique du patient, ses souhaits et ses volontés, ainsi que le dialogue entre professionnels. Ils ont également mis en évidence la nécessité de partager les informations utiles et de prendre le temps de la réflexion collective lorsque la situation le permet.

La diversité des formats proposés cette année — cas cliniques, vidéo de simulation, présentations de démarches de terrain et table ronde interactive — a favorisé la participation de l’auditoire. Les échanges, riches et appréciés, ont fait des professionnels présents de véritables acteurs de la journée.

En réunissant les équipes autour de situations concrètes, cette quatrième journée annuelle a rappelé que la qualité de la prise en charge des personnes âgées repose autant sur l’expertise de chaque spécialité que sur leur capacité à travailler ensemble. Un enjeu essentiel pour mieux anticiper les urgences, prendre des décisions adaptées aux volontés du patient et sécuriser les parcours des patients âgés.

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