Mis à jour le 01/09/2026
Une analyse « poolée » de deux essais ouvre la voie à l’arrêt des bêtabloquants chez les patients sans séquelles musculaires après un infarctus
Une analyse combinée des essais randomisés multicentriques français ABYSS et coréen SMART-DECISION, montre que chez des patients stabilisés après un infarctus du myocarde, sans insuffisance cardiaque ni autre raison de prendre des bêtabloquants, l’arrêt de ces derniers ne s’accompagne pas d’un risque accru d’événements cardiovasculaires majeurs par rapport à leur poursuite. Alors que la pratique actuelle consiste à prescrire un bêtabloquant à la plupart des patients après un infarctus, les deux essais ont évalué l’arrêt du traitement après six mois ou un an de prescription.
L’infarctus du myocarde survient lorsqu’une artère coronaire se bouche brutalement, privant une partie du muscle cardiaque d’oxygène. Plusieurs traitements sont prescrits au long cours afin d’améliorer le pronostic chez les patients ayant survécu, parmi lesquels les bêtabloquants. Chaque année en France, 100 000 patients subissent un infarctus du myocarde, communément appelé « crise cardiaque », et se voient prescrire ce traitement à vie. Grâce à la prise en charge interventionnelle rapide de l‘infarctus, les séquelles musculaires sont souvent minimes et le pronostic des patients est désormais meilleur, permettant d’envisager un arrêt des bêtabloquants chez certains patients. Néanmoins, jusqu’à présent, les données permettant d’évaluer la sécurité d’un arrêt de ce traitement chez ces patients étaient limitées.
L'analyse combinée des essais randomisés multicentriques français ABYSS et coréen SMART-DECISION, suggère que, chez les patients stabilisés après un infarctus du myocarde, présentant une fraction d’éjection ventriculaire gauche* préservée ou modérément altérée (≥ 40 %), sans insuffisance cardiaque ni autre indication aux bêtabloquants, l’interruption du traitement est une stratégie sûre sans impact sur les récidives d’évènements graves. Néanmoins l’interprétation du critère principal doit rester prudente, celui-ci étant largement influencé par les hospitalisations cardiovasculaires, un évènement moins grave mais important dans la vie des patients coronariens.
Cette analyse contribue à faire évoluer la réflexion sur la durée optimale du traitement par bêtabloquants après un infarctus du myocarde et pourrait conduire à une réadaptation des soins thérapeutiques chez les patients à faible risque.
La fraction d’éjection ventriculaire gauche (FEVG) est un indicateur de la capacité du cœur à pomper le sang. Une FEVG de 40 % ou plus signifie que la fonction de pompage est préservée ou seulement modérément altérée.